Archives par mot-clé : 8A+

Le monstre des Béorlots

Le site des béorlots est vraiment un secteur atypique pour fontainebleau. Situé loin (voir très loin) du parking, et composé de chaos éparpillés à plusieurs centaines de mètres les uns des autres, il vaut mieux aimer la randonnée, et avoir devant soit une séance assez longue pour s’y rendre. Pourtant ce site vaut vraiment le détour si l’on possède un niveau légèrement supérieur à 6A, car il n’y a malheureusement pas  de circuits tracés.

Le secteur du labyrinthe offre une belle concentration de passages, et c’est assez amusant de s’y promener. A ne pas louper : le toit de Power-lolotte, très beau 6B, la fissure de Salathé (7A), la dalle bien engagée de No Man’s Land (7A+), ou encore la traversée de Yalla (7C). A quelques centaines de mètres de là, vers le croisement de la route des Platières et de la route de la Hase, une petite cours offre de très beaux passages dans le 7ième degré, avec notamment Little People (7A+), Mickey Mouse (7B), ou encore I comme Irun (7C) un peu plus loin sur la bute.

Il y a encore peu de temps, les plus énervés auraient presque pu rester sur leur faim. En effet, hormis l’énigmatique Double Face, 8A+ toujours non répété, les passages en 8 n’étaient pas légion. Grâce au boulot de David Evrard et Olivier Lebreton, un énorme pavé avec pas moins de 5 nouveaux passages a vu le jour. Le principal départ s’effectue assis à l’aplomb d’un gros bac caractéristique dans lequel il faudra jeter. A partir de là, trois possibilités de sortie s’offrent à nous, directement par la gauche (Jaegger), via une assez longue traversée à droite se terminant par des mouvements délicats sur arquées (Pacific Rim), ou encore par la proue ardue au centre (le fameux Kaiju).

Ce dernier est à mon avis le plus beau passage de ce bloc et vaut à lui seul la petite marche d’approche. La preuve en image ci-dessous avec la répétition de Jérôme Chaput en janvier dernier :

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Quand ça colle…

incollable
Bloc « Incollable » à Fontainebleau

Depuis quelques temps, mon esprit est obsédé par un bloc situé sur le nouveau secteur de Bois Rond Auberge dont une bonne partie des passages a été ouvert par Tony Fouchereau. Bravo à lui et à tous les autres ouvreurs qui ont œuvré pour faire sortir de sous la mousse ces beaux passages. A ne surtout pas louper : Les Dents de la Belle-Mer, Le Grand Requin Blanc, et tout le gros bloc d’Incassable qui comporte de nombreuses traversées intéressantes ainsi que le beau pilier en 7A+ donnant le nom au bloc. C’est un secteur sympathique et encore peu connu à quelques centaines de mètres seulement des fameux Drei Zinnen, ou de la sur-fréquentée canche aux Merciers.
Cet été, en travaillant Impitoyable, une très belle traversée physique toujours de Tony, nous avions remarqué avec Jérôme Chaput qu’un passage direct juste à gauche d’Incassable était possible. Nous avions cependant du abandonner car, c’est bien connu, quand il fait chaud le poids du grimpeur est multiplié par dix… Après une nouvelle séance il y a une semaine avec des conditions infiniment meilleures, le bloc semble possible et est même venu se glisser en tête de liste dans nos projets respectifs. Il s’agit d’un départ assis évident avec un gros bac qui remonte ensuite un dévers prononcé en compression grâce à la présence d’un beau plat et de quelques réglettes marbrées pour la fin.
Aujourd’hui, les conditions étaient encore meilleures avec un vent froid du nord bien puissant qui s’est chargé de transformer le grès des prises en papier de verre, et nous as bien aidé à réaliser l’ouverture de ce beau petit passage, baptisé Incollable pour l’occasion.

 

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Tout en furtivité et en compression

Bloc "Furtif" à Fontainebleau
Bloc « Furtif » à Fontainebleau

Certains prétendent que « Fontainebleau c’est du passé », que toutes les ouvertures majeures ont d’ors et déjà été repérées et réalisées. C’est vrai qu’avec les années, la finité de la forêt se fait sentir, et la probabilité qu’une ligne comme Miséricorde ou la Merveille soit découverte diminue fortement.
Toutefois, certains ouvreurs arrivent encore à nous surprendre régulièrement en dénichant de véritables perles.
A ce petit jeu, il existe deux grandes écoles, une première prône la redécouverte de blocs majeurs via des lignes que personne n’avait été en mesure de voir ou de réaliser auparavant.
On peut citer par exemple les très belles ouvertures récentes de Manu Marquès sur le bloc de Londinium aux Gorges du Houx, ou de Thomas Collignon sur Multipass aux drei Zinnen.
Pour ce qui est de la seconde école, il s’agit bien entendu de trouver un bloc totalement nouveau, le summum de l’extase étant atteint lorsque celui-ci se trouve au beau milieu d’un potentiel  « nouveau » secteur.
De nombreux ouvreurs ont, au cours de l’histoire Bleausarde, fait ce genre de
découvertes, mais au jour d’aujourd’hui une partie importante de cette dynamique est le fruit du travail de Tony Fouchereau. Pour ne pas alourdir cet article, je ne citerai que deux blocs, tout deux au beau milieu d’un nouveau secteur, tout deux en compression, et surtout, tout deux majeurs : Blozone à Buthiers Nord, et Furtif à Apremont Portes du Désert.Le premier est parfait lors de périodes estivales sans pluie car il résurge beaucoup, et est bien à l’ombre. Un gros travail de nettoyage a été fait pour enlever les déchets accumulés sur cette place et la transformer en secteur de grimpe fort sympathique. On ne peut donc que dire merci et en profiter en ramenant les déchets que les plus étourdis auraient pu oublier…
Le second n’a rien a envier aux blocs les plus majestueux de la forêt et est surement appelé à devenir un classique du haut niveau bleausard. Il est à noter que Tony a, à l’origine, proposé ce passage en partant depuis les inversées de gauche dans le toit, ce qui induit quelques grands mouvements de compression morphologiques (cf. photo). Toutefois, un départ assis à droite a depuis été réalisé rendant le bloc accessible aux gabarits plus courants.
Pour ceux qui n’en aurait pas encore assez, sachez que Manu Marquès s’en est donné à cœur joie en ouvrant non seulement une variante de sortie à gauche, mais également une variante de départ en partant tout au fond de la grotte. Bref, il y a de quoi faire.

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De l’importance de la finition

Bloc "Narco" à Fontainebleau
Bloc « Narco » à Fontainebleau

Il est de ces journées où toutes les conditions sont réunies pour que tout se passe bien. Et tout semble se dérouler effectivement à la perfection jusqu’au moment où, le plus dur étant fait, une partie de nous, physique ou mentale, flanche et nous prive du sentiment de satisfaction et d’accomplissement qui nous semblait déjà acquis dix secondes auparavant. Que ce soit dans le domaine du sport ou pas, la réaction que nous avons face à ce genre d’échecs en dit long sur nous et peut conditionner fortement la réussite future si une nouvelle possibilité se présente.
Tout dépend en fait de l’existence, et de l’éloignement temporel de cette prochaine possibilité. Si, après une chute incompréhensible la main sur le bac final du projet qui nous obsède, nous envisageons cette possibilité comme le prochain essai, garder son calme et se re-concentrer ne semblent pas impossible. Si nous parlons de la séance du weekend prochain, gérer la frustration devient déjà plus délicat. Mais si les températures augmentent tout d’un coup, et que la prochaine tentative est reportée à la saison prochaine ? Et si cette exécution parfaite de mouvements que nous étions en mesure de réaliser aujourd’hui ne l’est alors plus ?
Tels sont les questions qui peuvent fuser dans la tête de tout grimpeur passionné confronté à ce genre de situation.
Cela s’est produit pour ma part récemment en tombant 4 fois de suite dans le dernier mouvement facile de Narcotic à Recloses, alors que toutes les conditions étaient réunies pour la première fois depuis plus de deux mois.
Heureusement pour moi, après trois jours d’errance psychologique à rejouer ces essais dans me tête, la météo m’a apporté les moyens de me libérer de ce fardeau. Jusqu’au prochain…

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